La zone de santé de Kibua, située dans le territoire de Walikale au Nord-Kivu, est confrontée à une pénurie alarmante de médicaments essentiels. Depuis plusieurs mois, les vingt aires de santé qui composent cette zone ne parviennent plus à assurer une prise en charge adéquate des patients, en particulier les plus vulnérables.
Le médecin chef de zone, Dr Yves Tsongo, alerte sur la gravité de la situation et appelle les autorités sanitaires ainsi que les partenaires humanitaires à une intervention urgente. Selon lui, cette rupture de stock est directement liée au retrait des ONG partenaires, dont Première Urgence, contraintes de suspendre leurs activités dans la région depuis 2024 en raison de l’insécurité persistante.
« L’approvisionnement est devenu impossible. Les routes sont impraticables, les coûts de transport depuis Goma sont exorbitants, et les risques liés à la présence de groupes armés comme l’AFC-M23 rendent les déplacements dangereux », explique-t-il.
Les structures sanitaires locales, déjà fragilisées, sont désormais débordées par une recrudescence de cas de paludisme, de gale et de diarrhée. À cela s’ajoute le retour progressif des déplacés, souvent sans ressources ni accès aux soins, ce qui accentue la pression sur les services de santé.
Face à cette situation critique, Dr Tsongo insiste sur la nécessité d’une mobilisation rapide pour éviter une catastrophe sanitaire dans cette région enclavée et exposée. L’absence de médicaments, combinée à l’insécurité et à la précarité des infrastructures, menace directement la vie de milliers de personnes.