Chaque 1er décembre, la Journée mondiale de lutte contre le sida rappelle l’urgence de sensibiliser et d’agir face à une pandémie qui continue de toucher des millions de personnes. L’Organisation mondiale de la Santé souligne que cette journée est une occasion unique de mobiliser les acteurs publics et privés, de commémorer les victimes et de mettre en lumière les avancées en matière de prévention et de traitement. Le thème retenu cette année, « Surmonter les perturbations, transformer la riposte au sida », illustre la nécessité d’adapter les stratégies face aux défis persistants.
En République Démocratique du Congo, Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur la vulnérabilité particulière de la jeunesse : plus de 60 % de la population a moins de 20 ans, et en 2024, près de 15 000 jeunes de moins de 25 ans ont été infectés par le VIH, dont plus de 9 000 enfants de moins de 15 ans. Les failles dans la prévention de la transmission mère-enfant, le manque de dépistage accessible et les obstacles légaux pour les mineurs aggravent la situation.
Face à ces défis, MSF met en avant une initiative innovante lancée en 2019 à Kinshasa : les “clubs de jeunes”. Ces espaces sécurisés et conviviaux permettent aux adolescents et jeunes adultes vivant avec le VIH de se retrouver, d’échanger et de bénéficier d’un suivi médical adapté. Reliés à des structures de soins, ils offrent un accompagnement global : traitement, dépistage, soutien psychologique et activités éducatives. Les résultats sont probants : en 2024, près de 80 % des jeunes suivis dans ces clubs avaient une charge virale supprimée, contre 71 % en 2019.
Au-delà du suivi médical, ces clubs jouent un rôle social majeur. Ils brisent l’isolement, réduisent la stigmatisation et redonnent confiance aux jeunes. Certains deviennent eux-mêmes relais communautaires, sensibilisant leurs pairs et encourageant le dépistage. Pour MSF, ce modèle simple et peu coûteux doit être étendu à l’échelle nationale, surtout dans un contexte de baisse des financements internationaux, notamment du PEPFAR et du Fonds Mondial.
Selon Dr Pulcherie Ditondo, responsable des activités médicales communautaires de MSF à Kinshasa, “les clubs de jeunes démontrent qu’il est possible de maintenir les jeunes sous traitement, d’éviter les formes avancées de la maladie et de renforcer la prévention dans toute la communauté. Leur avenir dépend désormais du soutien des autorités et des partenaires internationaux.”
Pour MSF, ces clubs incarnent une véritable révolution silencieuse : celle d’une jeunesse qui refuse la fatalité et choisit de reprendre en main son avenir. Ils prouvent qu’en misant sur des approches communautaires centrées sur les besoins réels des jeunes, la lutte contre le VIH peut se transformer en une dynamique de santé, de dignité et d’espoir.